Première étape : un long résumé pour une longue navigation!

DSC_2253Vous n’avez rien de prévu ce soir, vous avez fini votre dernier bouquin en cours, il n’y a toujours pas de bon film à la télé et la programmation cinéma est bof… C’est donc avec grand plaisir que je vous embarque pour le premier débriefing de la Solitaire du Figaro – Eric Bompard Cachemire 2015!

Bordeaux : Accueil, Runs, Médias, Prologue et départ!

Après un superbe accueil dans cette ville incroyable, une semaine de préparatifs et d’interviews (je crois que le fait d’être femme et bizuth a pas mal fait le buzz! Itélé, FR3, Sud ouest, L’équipe et L’équipe 21… les journaux locaux, la radio on a tout fait…) nous avons pu faire deux navigations avant le grand départ.

Merci à mes visiteurs de Pauillac pour les photos et la bouteille de vin 😉 ils se reconnaîtrons!

Les runs : chaque jour du dimanche au vendredi suivant se sont succédés des runs par 6 ou 7 bateaux et avec des invités à bord pour faire profiter un maximum de spectateurs. Aller retour du port de la lune au pont Chaban-Delmas,nous avons eu la chance d’avoir du vent tout le temps. Nous avons fini à une raisonnable troisième place derrière Clément Salzes et Yann Eliès et avons sauvé l’honneur en passant devant l’anglais juste avant l’arrivée 😉à quai

Ce projet il existe aussi un peu grâce à Tata Valoche qui nous a accueilli à Mérignac à bras ouverts (merci pour les visites et les conseils gastronomiques), Le Claude et les pompiers bordelais pour l’accueil dans les logements de pompiers pour la première nuit et son aide pour trouver un endroit où gonfler la bouteille de plongée, Caro qui supporte Doudou et qui nous ont aidé sur les transferts de sacs (c’était pas une mince affaire!), toute la famille Toto, Inès et Margot (un grand mea culpa pour le pavillon KKBB qui ne porte pas votre nom!), Vincent papa et maman, les Sancho pour leur passage éclair, Nadège pour les photos et encouragements et tous ceux qui ont envoyé des encouragements divers et variés, ça fait toujours super plaisir et ça regonfle à bloc!départ de pauillace

Le prologue en solitaire : départ du quai de la lune en contre la montre (toutes les minutes) par groupe de 6 à 7 bateaux. Nous sommes partis dans le dernier groupe (je dis nous car Arthur était caché dans le bateau pour pouvoir m’accompagner ensuite en convoyage jusqu’à Pauillac:) et avons réussi à remonter une bonne partie de la flotte après un passage sous le pont « chaudchaudchaud devant » (ça bouchonnait sévère et nous sommes arrivés à plusieurs par derrière sous spi avec du vent, s’est passé serré serré mais ça aurait pu être la catastrophe!). Un petit bord le long de la berge ensuite pour s’abriter du courant et ne nouvelle fois nous faisons le buzz, on termine 4ème juste derrière Xavier Macaire, Thierry Chabagny, Jérémy Beyou (qui a dit que gagner le prologue portait malheur??)départ

Classement du prologue – article de l’équipe!

Petit repos en maison d’hôtes à Pauillac samedi soir, gros petit déjeuner et dernière préparation de salades de pâtes et de riz avant le grand départ. Photo : toutes les routes mènent à Sanxenxo!facebook_1433016414109

Etape 1 : objectifs posés pour la sortie de la Garonne et de la Gironde (ne pas s’échouer, ne pas trop se fatiguer, ne prendre aucun risque) – objectifs respectés peut-être un peu trop, après que le comité ai galéré à mouiller ses bouées dans le courant (4 ancres, 2 gueuses et quelques mètres de chaîne par bouée plus tard!!). Départ sous le paquet au vent, trop au milieu et trop dan le courant pour bien s’en sortir, c’est de tout façon le paquet « rive droite » qui s’en sort le mieux (ni voyez aucune allusion politique!). De notre côté, nous aurons au moins assuré le spectacle en passant au ras de la digue. Après hésitation dans un vent très variable, je n’ai pas envoyé de spi pour éviter les bêtises, notamment gérer plus aisément le croisement avec le premier paquet qui redescendait passer une porte plus au sud dans le chenal. C’est dans les derniers que je repars dans le bon sens direction la sortie. Le courant renversant par l’arrière, nous avons vite faire de remonter la flotte avec quelques bons placements, je me retrouve en sortie plutôt bien classée. La nuit commence à tomber pendant le passage de la passe sud du phare des Cordouans, on slalome entre les bancs de sable dans la houle en serrant un peu les fesses le sondeur passant régulièrement de 3 à 6 mètres avec les vagues, tout cela sous une bonne bruine bretonne, bref, ça part de là.IMG_0423

S’ensuit un très long bord de près rapide pour foncer vers l’ouest et essayer de se placer pour récupérer de la pression le plus vite possible. Pendant ce bord, j’ai décidé à un moment donné d’envoyer le spi car je savais que si je glissais sous la flotte c’était plutôt une bonne chose. C’est comme ça que je me suis retrouvée aux côtés d’Alain GAUTIER, auprès duquel je passerai quasiment deux jours, et deux jours dans le paquet de tête du classement! Deux jours dans des conditions variés (molle, petit brise, houle…) et pendant lesquels je suis à bloc sur les réglages pour essayer de me maintenir proche de mon adversaire direct, très bon pour la motivation quand il porte un tel nom je ne vous le cache pas!

A part la première nuit, nous avons eu de superbes lunes et ciels dégagés, on y voyait presque comme en plein jour. Ajoutez à cela des bancs de dauphins qui nous ont suivi tellement souvent, et deux espèces de pigeons qui sont venus se reposer sur le bateau, une vraie arche de Noé!fan club analyse stratégie

C’est dans la nuit de mardi à mercredi que les choses se corsent, un passage de molle était de nouveau prévu et la sortie la plus courte était normalement vers le sud. Le problème, c’est que depuis quelques temps déjà, sur l’AIS (système par satellite qui nous permet de voir la position des adversaires sur l’ordinateur du bord) je ne voyais que les bateaux de mon groupe, impossible de localiser le reste de la flotte et la tête de la course. Je n’ai pas su trouver le bon moment pour me recaler avec mes camarades de la tête de course. Ajoutez à cela des observations sur l’eau qui donnait irrésistiblement envie de remonter un peu pour aller chercher de faibles risées et voilà le résultat. Je me suis retrouvée empétolée, du mauvais côté et toute ses places difficilement gagnées reperdues.

Finalement le vent a fini par revenir, portant, il a forci très rapidement et c’est à partir de là que l’éclate sous spi a commencé, rapidement 15-20 et 25 noeuds, c’est à l’approche du cap Finisterre que le vent atteindra les 30 noeuds (je n’arrive pas à insérer les vidéos, peut-être via facebook ça marchera! mais la go pro aplati vachement.). A près des heures de surfs, j’ai calé un premier empannage dans une molle à 23 noeuds, il est bien passé (petite cocotte autour de la balancine, mais comme j’en fait très souvent je sais les enlever rapidement :)) alors que mes adversaires préféraient affaler pour empanner. A ce moment-là je me suis un peu trop sentie en confiance, après avoir essayé de glissé au max sur la tranche au vent pour faire le cap, j’ai décidé d’empanner de nouveau car la mer était trop forte et ça commençait à devenir bancal comme bord. Je me suis un peu précipitée, dans 26 noeuds cette fois-ci et le vrac n’a pas loupé! Départ au tas violent, j’ai réussi à mettre à plat en choquant toutes les écoutes de spi, puis redépart au tas pendant lequel le spi a eu la bonne idée de faire un tour complet autour de l’étai (et du solent du coup). Je me précipite pour affaler à l’avant sur le pont, je déclampe les deux bras et les deux écoutes, j’affale mais n’évite pas la déchirure sur toute la bordure. Le temps de souffler et de me mettre à ranger tout ça j’ai pu constater qu’un de mes bras de spi c’était fait la malle!!IMG_6452

Du coup, j’ai fait mon décalage sous solent, en préparant le petit spi et pour éviter toute catastrophe, j’ai attendu d’être bien layline pour empanner sans spi et renvoyer tranquillement. Finalement le petit spi était beaucoup plus facile à conduire, le bateau plantait moins, il aurait peut-être fallu changer avant…Margot et papa

Une fois le cap passé, le soleil revient, le vent retombe à 15-20 noeuds et je décide d’en profiter pour réparer le grand spis car la pétole annoncée sur la fin présageait une longue arrivée compliquée pour les nerfs. Spi réparé et renvoyé, commence alors l’une des plus longues arrivées que j’ai jamais faite. C’est le moment le plus horrible où toutes les heures tu regardes l’ETA, et toutes les heures elle te dit que tu arriveras dans 5h30… Inexorablement avec la tombée de la nuit le vent s’en est allé aussi. En restant décalée un peu plus lin de la côte je suis pas mal revenu sur le paquet qui m’avait doublé pendant la casse du spi, mais finalement ils se sont re-envolés quand nous nous sommes quasi arrêtés de nouveau dans la pétole. Après l’éclate des jours précédents, c’est le moment où tu cogites, où tu te dis mais pourquoi ils ont pas fait l’arrivée plus tôt, pourquoi je suis toute seule, au moins en équipage dans ce genre de moments, tu as toujours quelqu’un qui te sort des séries de blagues souvent pas terribles mais qui te font rire quand même parce que tu commences à craquer nerveusement! (hein Arthur HERREMAN!) Après c’est comme à la télé, tu écoutes les arrivées des premiers et tu attends ton tour… qui ne vient toujours pas…Margot t shirt

Au lever du jour, à l’entrée de la Baie, je double Martin LEPAPE à une vitesse incroyable de 1,5 noeuds atteinte à la sueur de mon front, j’entre dans la Baie avec la première risée du jour et voie revenir pleine balle Nick CHERRY et son Red shift sous spi serré… Je ne me démonte pas, le spi était prêt avec son grand sourire plein de scotch à spi et de greytape, je l’envoie. Il attaque en mode match race pendant que Martin et Loi & Vin font leur bonhomme de chemin de l’autre côté. Il e poursuit à une longueur, je loffe quand il loffe, j’abats quand il abat… au bout d’un moment, ne sachant pas très bien où se situait l’arrivée (trop de brume matinale à terre), je profite d’un moment où il s’engage auvent pour empanner juste devant son dévent… Grand mal m’en a pris, quelques longueurs plus loin je traverse une zone pleine d’algues (corde à noeuds, canne à algues..) le temps de voir que cet empannage me fait ressortir de la risée, Nick est allée se caler tranquillement sur la layline direction l’arrivée. Angoisse à bord, je rempanne rapidement pour reprendre la pression en serrant les dents pour que les deux bateaux à terre ne gardent pas du vent jusqu’à l’arrivée. Je me remets dans l’axe de Nick et fini quelques longueurs devant Loi & Vin… OUF!

Soulagement d’être arrivée, contente, pas trop fatiguée, physiquement en forme, ravie d’être en Espagne! cf la photo qui tue, celle de l’arrivée…portrait arrivée étape 1

L’envers du décor : un planning de ministre même en navigation : chaque jour, nous avons matin et après-midi : l’annonce par la direction de course à la VHF un classement, une météo, et une vacation om ils appellent un à un tous les concurrents pour vérifier que tout va bien à bord. Ajoutez à cela quelques interviews, quelques émissions animées par le doc’ (Jean-Yves CHAUVE) : shmilblic, présentation d’un nouveau skipper, anecdotes de mer, passage de quelques news et faits divers pêchés dans les journaux, des nouvelles de Rolland Garros, bref, de quoi occuper les moments où nous manquions de vent!

Programme à l’arrivée : grosse sieste de 6 heures, de quoi se mettre en bonne forme pour le dîner avec l’équipe de l’orga en mer chez Rémy, une taverne géniale où nous avons dégusté du poulpe à la plancha, du jambon, et de magnifiques côtes de boeuf!! Re dodo-digestion!

Aujourd’hui vendredi : écriture et envoi des cartes postales pour le KKBB! Préparation de la prochaine navigation, remise des prix et dîner officiel.

Un grand merci à tous pour vos encouragements via facebook, mail, bureau des skippers… ça fait super plaisir et ça me donne vraiment envie de me dépasser.

Pour une première, ce fut un beau bizutage!

Au résultat, après 3 jours, 14 heures, 45 minutes, 16 secondes ; 28ème et 5ème bizuth (c’est déjà ça!)

Mes principaux objectifs ont été remplis :

– me faire plaisir

– titiller la tête de course de temps en temps

– aller vite

– amener le bateau au bout ainsi que moi-même

– ne pas trop dormir pour être plus sur la marche du bateau

PS : les photos n’ont rien à voir avec le texte parfois mais comme je n’en ai pas beaucoup en mer… ce sont tous les bons moments passés à terre!!

Publicités

2 commentaires sur “Première étape : un long résumé pour une longue navigation!

  1. Nous voyons, Sophie, que tu t’éclates et tu te fais plaisir! Continue, profite! tu vis une aventure extraordinaire que peu de gens connaissent!
    Pour nous, pauvres terriens, beaucoup de termes sont inconnus mais sont assez parlant! A la fin de la course, nous comprendrons tout!
    Repose toi bien , prends des forces et…bon vent!
    (Très bien le tee shirt, je ne te connaissais pas sous ce jour!!!) BISES

    J'aime

  2. Bonjour,revoilà la bouteille de vin de pauillac :Françoise,alors évidement je vous ai vu passer après pauillac et biensur que tous jours et parfois la nuit mes pensées ont été:allez courrage et persévérence mais biensur sans pouvoir apporter aucune aide, en revanche vous vous êtes bien battue face à ce troupeau de taureau alors ça va continuer,vous allez vous mettre dans le troupeau de tête et le coller,toujours dans la prudence car il vous faut la finir cette course,on vous attend de pieds ferme:bon vent

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s