A pas de loup puis à coup de hâche!

Dimanche matin tout allait bien à Sanxenxo, grand soleil, derniers préparatifs avant de prendre la mer pour 3 jours de baston un peu raides. Le samedi, en prévision de vents très forts (jusqu’à 43 noeuds attendus), skippers et préparateurs ont passé leur journée à adapter le bateau pour la baston : réamarrage de tout ce qui peu voler dans le bateau et au dehors, vérifications du solent et renforts, mise en place des deux ris sur la grand voile… Ce n’est pas sans quelques appréhensions que nous avons largué les amarres. Ce fut d’autant plus difficile à appréhender que les routages nous prévoyaient une sortie de baie et une remontée de la côte espagnole dans un vent mou et un temps orageux histoire de bien chauffer les nerfs des skippers et nous n’avons pas été déçus.SANXENXO Tout d’abord la mise en place du départ prévu initialement à 13H00. Après être sortis du port nous avons attendu que le vent rentre dans la baie, le moment venu la direction de course nous a autorisé à plomber les moteurs (= pour être sûr que les skippers n’utilisent pas le moteur pour faire avancer le bateau mais juste pour recharger les batteries, la jauge installe sur l’arbre d’hélice un collier en plastique destiné à casser si on l’utilise).départUne fois l’opération terminée, le vent est retombé. Nous avons déplombé, sommes sortis de la baie pour aller chercher du vent plus loin. Au bout d’un quart d’heure, le vent soufflait à 15-17 noeuds bien établis et remplissait de nouveau la Baie. Sur quoi le comité sans doute un peu trop enthousiaste et ravi de pouvoir assurer un spectacle superbe nous a demandé de redescendre juste devant le port. Ca a marché… vingt minutes… presque le temps de gagner la bouée au vent avant de revenir au portant devant le port passer la bouée speedcast, hélas le vent est reparti aussi soudainement qu’il était venu.

Commence alors la guerre des nerfs que j’ai remporté haut la main!! slalom entre les molles pour trouver des risées invisibles, j’ai zigzagué entre les bateaux sur lesquels certains skippers furieux (je ne citerait pas de noms!) râlaient et tapotaient sur leur bateau 🙂 Déplacements à pas de loups, coups d’oeil incessants sur la girouette, et observation du plan d’eau. Après encore quelques temps coincés dans la baie et un bel arrêt à la bouée speed cast (et aussi un empannage parce que le bateau refusait obstinément de virer de bord), j’ai réussi à la suite des quelques 5-6 premiers à m’extirper de la baie tant bien que mal.

S’en suit virements au ras des cailloux pour essayer d’exploiter la moindre accélération (toujours invisible sur l’eau), la moindre adonnante aux pointes jusqu’à ce qu’enfin, après beaucoup de sueur et de patience, le vent revienne à 6-7 noeuds en intensité et que l’on puisse allonger un peu les bords. 9ème à la bouée radio france juste derrière Yann Eliès, c’est là que commence ma remontée jusqu’au cap Finisterre.

coucher de soleil

A la tombée de la nuit, le vent recommence à n’en faire qu’à sa tête avec en prime un bon gros orage qui a pris la flotte en chasse. Nuit difficile pour les marins qui n’ont dormi que très peu. Le vent était tellement rare et instable qu’il aurait été imprudent de laisser le pilote gérer la crise (ou pas plus de 5 à 10 minutes grand max). Tojours inspirée, je ne lâche rien, après moultes chamboulements, une risée incroyable juste à l’avant de l’orage me propulse au portant (pendant une petit dizaine de minutes) vers le cap Finisterre que je franchirais en tête!!

en tête

Ca ne durera pas longtemps car Isabelle JOSCHKE et Benjamin DUTREUX qui étaient encore plus à terre reprennent la la braffetête de la course très rapidement alors qu’au large, les meilleurs sont embourbés dans la molle. Le petit matin nous voit évoluer lentement vers le nord, mais très vite le vent annoncé se faitsentir. Dès 15-17 noeuds, tout le monde passe sous solent pour attaquer une longue série de virements de bord au près et dans une houle très vite formée. C’est là que commence la partie « bûcherons » de cette longue étape. Le vent continue à forcir pour atteindre les 25 noeuds établis. On rigole moins et on sort les casques lourds, combi sèche, les cagnards sont roulés sur les filières, les gilets sont obligatoires et s’accrocher semble juste être du bon sens : parés pour le rodéo. De mon côté, ça devient difficile, je n’arrive pas bien à régler mon solent (que je sors flou au prèspour la première fois) et doucement mais surement, les cadors qui n’avaient pas été chanceux la nuit remontent place par place. Je ne leur ai même pas opposé beaucoup de résistance… C’est vers 16h00, lundi que la bonne nouvelle tombe, peu de temps après le dématage de Corentin Horeau et alors que nous traversions la baie de la Corogne (cette fois-ci dans 25-30 noeuds et sous un ris dans la GV) que la direction de course nous annonce à la radio la neutralisation de la course. Gros gros soulagement à bord de Région Basse-Normandie, je commençais sérieusement à douter de mes capacités à tenir le coup dans 35-40 noeuds dans la nuit suivante et je commençais à craindre pour ma Grand voile qui a déjà une bonne saison de course dans les pattes. On tire la barre, on double la magnifique Torré de Hercules et on rentre à l’abri, rincés et satisfaits (enfin presque tous!). Le comité nous annonce une relâche jusqu’au mercredi, le temps que les conditions redeviennent plus praticables, le temps que Corentin retrouve un mat, que chacun panse les petits bobos du bateau.

20150609_125021Au programme, bricole, repos, kiné, pêche pour certains (« a la mano » s’il vous plait, je vous présente le dernier de la bande de Haute-Normandie qui me soutient et me supporte, et oui lui aussi!). Le temps pour moi et Arthur de changer deux chandeliers tordus suite à un contact avec un anglais juste quelques minutes avant le départ de Sanxenxo!

Demain mercredi, départ ponton 11h00 pour un départ de course à 13H00, scénario inverse cette fois-ci : 25 noeuds pendant environ 5 heures puis le vent mollira rapidement à 15 noeuds. Nous attendent un slalom entre une dépression et une dorsale, des petits airs, du près et du portant, une dépression orageuse à l’approche de Concarneau, bref tout pour me plaire, cette fois-ci je compte m’arracher dans le vent pour continuer à jouer devant et m’y maintenir !! A bloc, arrivée prévue vendredi soir normalement évidemment! Vu le comité d’accueil qui m’attends, j’espère arriver dans les premiers pour passer un max de temps en votre compagnie, si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à venir à Concarneau pour le weekend 😉 Nous serons un peu charger (repos, courses, préparation de la suite) mais on trouvera bien quelques minutes pour discuter de cette étape 2 bis autour d’un verre…

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Un commentaire sur “A pas de loup puis à coup de hâche!

  1. Pour concarneau ce n est pas possible en revanche vous pouvez etre fiere car grace a vos petites fintes ( chercher le vent entre les bateaux) vous avez montre au reste de la flotte que avec de la finesse et de l intelligence vous pouvez jouer dans la cour des grands,alors continuer a titiller le vent vous allez le trouver et je suis convaincu que la finesse de vos manoeuvres vont securiser le bateau et vous menera bien.bon vent :la bouteille de pauillac

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