Retour sur la Solo Concarneau à chaud !

Résultats : ABANDON après une journée et demie de course, alors classée 5 ou 6ème en Solitaire …mais reprenons du début !

Tout avait bien commencé ; le bateau était prêt après 4 semaines de stage à Port-La-Foret, moi j’étais au taquet, sereine grâce à un début d’année entièrement consacré au projet Figaro 2016.

Pour la première fois, j’étais tellement prête que j’avais même pu commencer à préparer la météo dès lundi, une grande première. Cela avec le soutien du Pôle évidemment, mais aussi de David LANIER et de Yann CHATEAU, mon coach personnel bénévole de la Ligue de Voile du Centre 😉

Les routages annonçaient un parcours rapide et très intéressant avec des « coups à jouer » ; et ils ont eu raison. Deux départs ont été donnés jeudi PM dans la Baie de Concarneau, dans une douzaine de noeuds et sous un grand soleil !

15H00 : départ des 10 duos (en préparation pour la Transat AG2R La Mondiale)

15H10 : départ des 33 solos

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Après un premier rappel général, et plusieurs rappels individuels, nous nous sommes élancés sur-motivés pour deux jours de course avec du vent fort, de la pétole, des îles à contourner…

Bord 1

Les premiers bords se passent très bien puisque j’enroule la bouée de dégagement dans les dix premiers. S’en suit un peu de train-train vers l’ouest et la pointe de Penmarch. A partir de là, la fin de journée démarre et le vent se fait de plus en plus rare. Je m’accroche à mes voisins, pas n’importe qui : Corentin DOUGUET et Anthony MARCHAND qui seront mes lièvres pendant toute la course.

Pendant la traversée de la Baie d’Audierne, il ne se passe pas grand chose finalement parce que quand le vent mollit tout le monde cale en fin de journée, et quand il est revenu, tout le monde a redémarré ; on peut souffler, les bateaux reprennent de l’élan pour aborder le raz de Sein. Quelques bords près du vent à tirer pendant lesquels j’ai du mal à faire avancer le bateau, mais je tiens bon ; je ne perds pas trop de terrain et enfin nous passons le raz, nous pouvons tirer la barre direction une bouée au sud de Ouessant « les Pierres vertes ».

Pour finir le bord, nous envoyons le spi ; demi tour à la bouée de nuit et nous redescendons pour un bord quasi tout droit vers la Chaussée de Sein, toujours sous spi. Petite baisse de vitesse à un moment donné, où j’ai commencé par remettre en question ma trajectoire au lieu d’aller voir derrière si je souhaitais garder encore longtemps le gros paquet d’algues agrippé à mon safran… no comment, je finis par m’en rendre compte. Je me fiche une claque pour évacuer la bêtise et je me remobilise, ça signifie que tout va bien, le bateau n’a pas de trou de vitesse au portant.

Au petit matin rien de particulier, nous avalons tranquillement les miles et surtout nous apprécions le réchauffement apporté par le soleil ! Les choses se corsent après le passage des glénans en début d’après midi vendredi.

A la base, la stratégie étudiée à la loupe avec Yann est simple, nous sommes au près bâbord amure, quand je vois 90° sur le cadran du cap magnétique, je vire. Les autres continuent, très bien, le 90° arrive, les autres continuent toujours tout droit, et comme j’aime bien pas faire comme tout le monde, je profite de cette petite droite pour faire du tribord. Safu que tout ne se passe pas exactement comme prévu. Le vent prend tellement de droite que se remettre bâbord amure tiendrait du suicide car cela me replacerait derrière tout le paquet dans lequel j’évoluais. D’ailleurs, je passe les Glénans 10ème, après quelques minutes en tribord, la carto me plaçait 21ème!! rapport à la distance au but.

Peu importe, je tiens bon, je réfléchis un coup en me confortant dans mon idée, le vent qui doit rentrer doit être à gauche, donc logiquement, je devrais faire du gain sur mes camarades de jeu. C’est ce qui se passe, après avoir mollit à moins de 5 noeuds, les premières bouffes me redonne un nouvel élan, je peux enfin virer et j’accompagne la risée qui remplit le plan d’eau. Je démarre avant la flotte et me retrouve cinquième au Phare de Birvideaux, point de passage obligatoire avant d’attaquer l’île d’Yeu.

bord 2

bord 3

A partir de là, les grands esprits peuvent se reposer. On prend le cerveau, on le pose gentiment à côté, on s’empare de la barre et en avant Guigamp!

15 puis 25 noeuds, tout droit sur les portières jusqu’à l’île d’Yeu, ça surf et ça swingue dans les vagues. Rapidement la question du spi ne se pose plus, GV pleine et génois suffisent largement à faire galoper le bateau. Le temps se gâte, la visibilité se réduit et très vite je ne vois plus que deux bateaux devant et Corentin DOUGUET juste derrière.

Jusqu’à l’île d’Yeu il ne se passe pas grand chose, on contourne l’île. Là je fais un point, cinquième toujours, je décide de ne pas mettre de spi sur les vingts minutes que nous passons au sud de l’île histoire de me préserver un peu. Corentin envoie, me passe, je le savais c’est pas grave, l’important c’est qu’il reste 12 heures de course, toujours dans 25 noeuds et qu’il va falloir attaquer sévère !

On empanne autour de l’île, même bord mêmes conditions mais dans l’autre sens, on sort du dévent et c’est reparti comme en 40! Anthony MARCHAND m’a recollé, il sera mon nouveau lièvre et je ne compte pas le lâcher. Hélas j’ai parlé trop vite, un départ au tas, puis deux puis trois, je ne comprends pas pourquoi alors que le bateau est exactement dans la même configuration que dans l’autre sens. Je regarde derrière et j’ai l’impression que les écoulements sur le safran ne sont pas normaux. J’étudie la question, puis j’agis. Je relâche un peu de grand voile pour faire alentir le bateau pour pouvoir rerégler le safran. Je saute dans le bateau avec ma clef de 17, ça me prend trente seconde, quand je ressors, c’est le drame. La GV en battant un peu a exploser, et pas qu’un peu. La déchirure traverse la voile en diagonale et au-dessus des deux ris. Impossible de naviguer même voile réduite, je suis obligée d’enlever toute la toile et donc d’abandonner. Le coup est dur…  très dur…

La suite, c’est moteur, affalage du génois pour le préserver puis de la GV en morceaux, j’enlève toutes les écoutes pour que rien ne traîne, je rentre les voiles à l’intérieur du bateau tout en regardant mes concurrents passer un à un !

J’envoie le tourmentin pour avoir un peu d’appui et un peu plus de vitesse et j’entame une pénible remontée vers Concarneau dépitée et un peu cramée.

C’est alors qu’arrive la phase du surnaturel ! Après avoir fait une sieste d’une demie heure, je me remets à la barre. Il est 1 ou 2 heures du matin, je sais pas trop et j’essaye de faire accélérer le bateau à 5 noeuds wouhou! quelles sensations, roulée pas les vagues de travers au niveau de Saint-Nazaire, a essayé de passer derrière les cargo et d’éviter les bateaux de pêche 🙂

C’est là que j’atteins le niveau 2, le moteur change de régime tout seul et je trouve ça anormal ; j’ouvre le capot moteur et je vois des algues dans le filtre. Pas le temps de dire ouf (ni de vérifier derrière s’il crache de l’eau) que mon pauvre cerveau fatigué imagine des scénarios alambiqués! Je me lance dans la révision du circuit d’eau, j’essaye de démonter les tuyaux comme on l’apprend dans les livres sauf qu’ils sont tellement vieux et soudés que je risque de casser le coude ou bien il faudrait que je coupe mais après il deviendrait trop court…. bref, c’est la m… je me dis que je ne peux rien pour le moteur et que je ne peux pas me permettre de le serrer alors tant pis, je fais sans.

Niveau 3 : Je barre pour préserver les batteries, il fait toujours nuit et froid. Il me reste 4 heures pour atteindre Belle Ïle. Je ne vois plus personne à l’AIS (système satellite qui nous permet de voir les signaux des concurrents dans le bateau), je suis hors portée VHF, le vent forci et les vagues me poussent sous belle île. Je décide d’appeler le CROSS Etel dans l’idée qu’une fois à Belle île, une vedette viendrait m’aider à finir la route et à m’amarrer dans le port. Parfait sauf que bientôt je n’aurait plus de batterie donc de VHF donc de contact. Le lever du jour passe ; il fait un temps à rester au lit, et je suis encore à 2 heures de Belle île. Ras le bol, je demande à me faire remorquer avant de m’endormir. La SNSM arrive une heure plus tard et me ramène au port et au calme.

Niveau 4 : je suis donc à Belle île, sans portable, sans porte-feuille… Les gars regardent le moteur, le font tourner, RAS, c’est vrai que le ralenti est un peu bas mais à part ça… Consternation à bord 🙂 Ils m’indiquent un resto, j’ai le droit à l’appel à un ami, et en plus c’est LA journée Carnaval de l’île ! Je range le bateau, même pas besoin de me déguiser, je pars manger un morceau en attendant la première équipe d’assistance-réconfort. On fait carnaval en attendant l’équipe assistance-technique qui amène une GV et quatre nouveaux bras pour convoyer le bateau jusqu’à bon port. Troisième nuit en mer, pour le plaisir (sourire vert) et soulagement quand on pose le pied à terre!

ETA : minuit et demi à Port-La-Forêt, dodo, remise des prix et basta.

Un grand merci à l’équipe assistance 1 : Maman, Inès et Margot, l’équipe assistance 2 : papa et Sylvain pour le retour, au CROSS Etel pour l’orga du remorquage et à l’équipe de la SNSM qui a effectué une manoeuvre de prise au remorquage nickel dans une mer pas facile, et pour les bons tuyaux arrivés à Belle-île ! Et merci Bernard pour la caisse ponton, Margot l’a validée, elle est plus confortable que la précédente !

Etat des lieux : 886078_1668364486746160_1839433909549311783_o

La semaine prochaine on change d’air, direction la Trinité-sur-mer, régates côtière en bateau à trois pattes qui a un tout petit moteur électrique!

 

 

 

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