Une seconde étape à bout de nerfs !

Baptême du feu à Cowes, tout premier départ sur la ligne mythique délimitée par le mât de pavillon du Squadron à terre et par la bouée spéciale William Shipping ; un grand moment !

C’est dans un vent bien établi à 19-20 noeuds que nous nous sommes lancés dimanche dernier à l’assaut du Solent. La ligne est immense et pourtant tout le monde souhaite partir le plus proche de la berge de Cowes afin de profiter au maximum du courant qui a commencé à s’y renverser.

Un départ pas terrible, mais rapidement j’arrive à placer mes virements de façon à avoir un maximum de vent frais et à ne pas être trop gênée par mes adversaires lorsque je cherche à m’abriter du courant. Le premier tiers se passe très bien. (en bleu les traces de tous les bateaux de la flotte, on ratisse bien la côte nord ! en orange c’est moi !)

louvoyage solen

La tension du départ retombe un peu, la flotte s’éparpille un peu puisque le courant est maintenant favorable partout. Je me fais un peu remonter. Les bords favorables sont un peu moins clairs et il semblerait que je fasse un peu trop de virements.

La sortie du Solent est très technique, il faut rester le long de la côte sud jusqu’à ce que l’on puisse traverser et se positionner précisément sur la rupture de pente du banc des Shringles. Mon premier placement est nickel, juste en dessous. Le second je me focalise trop sur mes adversaires et nous sommes un sacré paquet à nous positionner beaucoup trop sur le banc où par conséquent il y a moins d’eau, et donc moins de courant. A ce petit jeu, Damien Cloarec et Alexis Loison jusqu’alors pas très bien placés se refont très très fort par en-dessous.

Il faut continuer à galoper, le vent a forci avec le courant, objectif atteindre Bill Of Portland avant que le renverse ne se fasse. La trace parle d’elle-même, nous arrivons à point. Le premiers ont déjà commencé à creuser l’écart en passant ce point avec le courant favorable plus longtemps.

bill of portland

La suite, les pointes (start point puis le cap Lizard) se suivent et se ressemblent, le vent molli et à chacune d’entre elles nous luttons contre le courant … Plus le vent molli, plus je me retrouve décalée à gauche de la flotte, bientôt nous sommes un petit paquet de 4-5 bateaux de ce côté. Trop difficile pour nous d’accepter le contre bord qui nous remettrait avec la flotte et qui nous ferait perdre des places. Stratégiquement, de la gauche est prévue quand le vent rentrera, mais c’est difficile d’être certain de son option.

Petite blague de la direction de course au niveau du cap Lizard : un navire de guerre est en plein exercice de tir. La flotte est étalée, il y a les partisans de la côte et ceux du large. On nous demande d’abord de tous passer au nord pour que le navire puisse tirer vers le sud… Ca râle, les trois quarts de la flotte devraient se dérouter et perdre le gain de leur décalage… On nous demande ensuite de passer au sud pour que le navire puisse tirer vers le nord, c’est la guerre des nerfs, les nordistes râlent parce qu’ils perdraient l’avantage de leur décalage !!!!! Tout le monde s’arrache les cheveux après une journée éprouvante de navigation… Le débat se clôt lorsque nous apprenons que les exercices sont terminés et que nous pouvons naviguer « LIBREMENT » !

La nuit tombe magnifique. Nous approchons doucement mais surement de la bouée Carn Base, la délivrance qui nous permettra enfin de faire route vers Wolfrock puis vers notre chère Bretagne.

Rejoindre cette bouée sera pour moi un calvaire… tout d’abord au vent de la flotte, je me place par dessous pensant que ça sera plus facile d’être sur la bonne trajectoire par rapport au vent pour tourner cette bouée. Malheureusement, mes camarades déboulent (enfin avec 6 noeuds de vent…) par au-dessus et je me fais littéralement marcher dessus, éclater, … bref mauvais calcul. Et pourtant sur le papier la trajectoire est sympa !

CARN BASE

Je tourne enfin, tiens mais qui voilà… Damien GUILLOU sur son bateau jaune (il fait nuit mais j’imagine très bien cette déco que j’ai le loisir d’observer depuis deux étapes tellement on ne se quitte plus) avant Wolfrock je le double, puis il me double…

D’abord au près dans du vent faible nous entamons la grande traversée. Le vent monte, adonne, la mer se forme, la pluie arrive, autant de signes qui annoncent l’approche d’un front qui va nous malmener jusqu’à la pointe bretonne. Mon placement un peu au milieu de la flotte me permet d’avoir une meilleure trajectoire que ceux qui sont restés haut, car le courant nous aidant, certains terminent le bord carrément vent arrière. J’envoie le petit spi avant eux, ce qui me permet d’enrouler devant… tindin Damien GUILLOU forcément et Alan ROBERTS !

Le soleil nous accueille en Bretagne à bras ouverts enfin. La descente du Four se passe bien, je perds une place, nous pouvons envoyer les spis de nouveau peu après le phare du Four pour aller nous abriter du courant sur la partie gauche du chenal, en rasant les cailloux qui se situent derrière l’île de Molène, magnifique.

Arrivés au sud du chenal on met le clignotant à droite direction la Chaussée de Sein, je résiste pendant tout le bord et à la fin ça ne rate pas, je me fais manger par Damien qui glisse sous moi sur le dernier milles et par un effet de courant que j’avais déjà observé mais que je ne maîtrise pas bien encore, paf il passe devant. L’anglais N°43 passe aussi mais au moment de contourner la bouée, je fais un meilleur envoi, je me place au vent et je finis par reprendre cette petite place. La nuit tombe, nous sommes fatigués et nous savons que nous ne pourrons quasi pas dormir jusqu’à l’arrivée. Ca tire. De la molle nous attend puis 25 noeuds pour longer la côte nord bretonne.

Ca tire à tel point qu’à un moment je décide de me faire une tasse de thé : mettre l’eau à chauffer, préparer la tasse, le thé, le sucre, je verse l’eau dans la tasse tout se passe bien. J’attends que ça refroidisse assise devant la table  carte… Je me réveille en sursaut le thé sur les tennis… Echec, on lâche l’affaire et on retourne dehors !

Après une belle pétole dans la houle entre Sein et la Basse du lis, nous remontons vers le nord, même trajectoire qu’à la descente, nous visons la gauche du chenal du Four pour s’abriter du courant mais de nuit cette fois, je fais bien attention à ne pas m’endormir histoire de ne pas finir dans les cailloux. L’anglais derrière moi ne s’est pas endormi, par contre il a pas bien zoomé (une petite Team Vesta…) et se cartonne une jolie tourelle posée sur un joli caillou… Bien bien bien.

Arrivés en haut, je fais un petit face auvent sous spi dans 15 neuds histoire de virer la belle algue qui s’est fichée juste au-dessus de mon bulbe et qui ne doit pas m’aider à avancer. Ensuite on tire la barre direction Paimpol et toute la côte bretonne.

Le vent monte, la houle est longue et belle, de beaux surfs nous régalent toute la matinée. Petite pensée à Flo quand je passe l’Aber Wrach, à Toug quand je passe Santec et à Maël/Gaël quand je passe Port Blanc !! Ca en fait des bretons qui sont s’expatrier au Havre et moi ça m’occupe l’esprit…

L’île de Batz, attention grand moment de stratégie, complètement pas fraîche. Je regarde les cartes de courant, et je me dit allez, cette fois on se la joue maligne. Je passe un poil large pour être dans le plus fort du jus et surtout je ne remonte pas vers la côte derrière l’île pour rester dans cette veine. Derrière évidemment ils loffent plus. Faun me passe. Benoit me dira plus tard qu’avec une telle orientation du vent, plus proche de la côte du attrape en premier les risées et surtout les refus qui permettent ensuite de glisser devant les ânes comme moi qui sont plus au large, ça rate pas !

Toujours tout droit, c’est au tour de Nick Cherry d’approcher, je me dis alors là, pas question que ça se passe comme à Sanxenxo l’année dernière, il ne passera pas. Il passe. Non seulement il passe mais le vent  a un peu molli et je mets une demie heure à redémarrer correctement, vivement que ça se termine. La délivrance arrive quand nous contournons La Jument des Héaux. Plus qu’un bord de travers, quelques virements, et STOP c’est terminé enfin !!!

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L’équipe de choc déplombe le moteur, je demande de l’aide pour amener le bateau à Lézardrieux et c’est Jérôme, prof au lycée maritime qui prend le relais à la barre. Visite guidée jusqu’au port entre les magnifiques cailloux de Bréhat.

On amarre le bateau, un bon steack frite et quelques discussions de sourds à table (une demie heure de moteur après) et hop au dodo pour un coma réparateur de 12h non stop. Le bonheur !

Vendredi on se remet dedans, briefing du pôle Finistère course au large pour l’étape #3 (tiens tiens, du vent pour partir, une perturbation avec de la pluie, de la mer, du vent fort et wouhouhou, une dorsale à passer… une quoi ? une dorsale, le truc où il fait beau et il y a pas de vent ?? Cool !!) ; briefing général, remise des prix, superbe dîner à l’Abbaye Beauport (merci à la ville de Paimpol, une escale courte mais intense !).

Aujourd’hui samedi c’est météo, météo, météo jusqu’au départ de 19h !

See you soon !

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