Etape #3 en dents de scie

Paimpol – La Rochelle, en route pour les mers du sud et le soleil après un petit parcours côtiers au pied des falaises pour une mise en jambes toniques !

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Après une préparation de départ correcte, j’ai décidé alors que parfaitement dans le timing du départ de tirer un grand coup la barre avant de franchir la ligne histoire d’être sûre que les autres partent bien devant… la trouille peut-être !

Photo 1 encore bien placée.13575898_1403627989663770_5658674053762801239_o

Photo 2 mission plantage de départ réussie à 100%

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Suite à ce geste très technique c’est en bonne dernière ou avant dernière que je franchis la bouée au vent. Les quelques bords suivants seront à ajuster précisément car nous sommes en grand coefficient de marée et le courant est fort. Nous enchaînons bords de vent arrière, bord de reeching, près… et chaque placement légèrement sous mes camarades me permet de grapiller des places de façon à ressortir dans le milieu du paquet à la bouée Roche Gautier la plus Nord avant d’enquiller pour faire route vers l’ouest et la pointe bretonne.

Les lumières de fin de journée sont magnifiques, le vent est soutenu et la mer démontée, mais la navigation est agréable malgré tout.

C’est parti pour le premier choix stratégique : nous avons le choix entre tirer des bords à la côte ou bien aller directement vers le large aller chercher une forte de bascule de droite.

Les fichiers sont dans le coup et privilégiaient le large, cependant les skippers préfèrent la côte hormis les perles de Saint-Barth, Arthur Pratt qui tente le coup. Au final, c’est kiffe kiffe, nous nous retrouvons ensemble à la pointe bretonne. Personnellement, malgré une veille attentive sur les réglages, les algues, et beaucoup de barre, peu à peu je me suis faite décrochée par mon paquet. C’est d’autant plus dommage que cela me fait arriver sur Ouessant avec un timing bien pourri, pile au moment du début de la renverse de courant.

Les yeux rivés sur les speedo qui donne ma vitesse en surface et sur le vélocitech qui donne ma vitesse sur le fond de la mer ; je compare sans cesse les vitesses pour savoir si le courant me porte encore ou non. Au début oui, pas question de s’approcher trop de l’île car je risquerais d’avoir le courant dans le nez plus tôt et dieu qu’ici il est très fort. De plus naturellement, pour le moment il m’écarte vers le large. 1 heure, 2 heures, je croise les doigts, je touche du bois, de la peau de singe… Et paf !! la renverse, brutale et violente me voilà nez à nez avec le courant encore plus puissant que ce que j’imaginais. Heureusement il me reste plus de 15 noeuds de vent et j’avance malgré tout, je m’extirpe lentement, très lentement de cette zone où les vagues baladent le bateau de haut en bas et de droite à gauche tel un pantin. Arthur plus au large passe plus facilement, et ceux de derrière on naturellement choisi la côte et progressent aussi sur moi, je suis cernée et bien énervée.

Je sors malgré tout de ce pot de pu avant que le vent ne tombe, les derniers bateaux à avoir enquiller Ouessant ne passe pas ou très difficilement et l’écart qui s’est creusé avec la flotte de devant est aussi conséquent que celui qui s’est creusé avec ceux de derrière. Un mal pour un bien.

Pétole quand tu nous tiens. Début de la guerre des nerfs pour rejoindre la bouée de la Chaussée de sein, extrémité occidentale de notre parcours. Nous avançons tous à un petit noeud pendant quelques heures, sous le soleil, chahuté par une longue houle qui régulièrement fait claquer les voiles. Je suis toujours avec Arthur, nous avons recollé crédit mutuel espoirs, Team Vendée formation nous a rejoins… A un moment je me fais collée et distancée, mais mon placement sous la flotte me permettra avec le nouveau vent de ressortir juste à leurs fesses à la bouée.

C’est toujours fiable mais ça avance mieux. Second point clef de l’étape : le passage de la dorsale, longue langue anticyclonique qui nous barre la route dans le golfe de Gascogne. Pas le choix nous devons la traverser. Cependant le placement par rapport aux adversaires peut rapporter gros. La côte et les effets thermiques de la journée je n’y crois pas, le temps est trop couvert et brumeux. Je décide quand même de me fixer un objectif : changer de bord sous spi lorsque que le vent arrive au 320°. Il arrive, j’empanne, il repart, je me recale et ainsi de suite, j’ai les yeux rivés derrière moi pour surveiller les moindre zones où il y aurait 2-3 noeuds de pression. Les dauphins m’accompagnent pendant quasiment une heure, ça redonne un peu de baume au coeur.

Mon décalage ne paye pas, malheureusement je ne suis pas très vernie. Je me fait distancée par Arthur et Aymeric que je ne reverrai plus jusqu’à la morne fin de cette étape.

Passons donc en mode touriste, nous traversons le plateau de Rochebonne sous un ciel étoilé magnifique, en sillonnant les bancs de poissons. A chaque fois que l’étrave approche le banc, celui-ci éclate de part et d’autre du bateau laissant dans l’eau de longs filaments phosphorescents, c’est l’éclate.

BXA, bouée la plus sud en face de l’estuaire de la Gironde, on peut enfin faire route vers l’arrivée après avoir longé Oléron. Le vent est là, autour de 8 noeuds, pas du tout calé en direction, je barre, je barre et je barre. Au nord d’Oléron, j’envoie le spi enfin pour glisser tranquillement vers la ligne d’arrivée devant le port des Minimes de La Rochelle.

La journée est belle mais pas assez pour que le thermique se lève à 11H. Le vent est mou entre l’île de ré. Mou au point que je me rapproche de mes deux adversaires de devant qui sont complètement empétolés. L’espoir renaît, je peux peut-être me faire ces deux-là après tout ça serait une maigre consolation mais une consolation quand même !

Je me mets vraiment le plus vent arrière possible histoire de contourner la bulle sans vent dans laquelle ils sont, je m’approche encore et encore… Malheureusement, fausse joie, ils redémarrent juste quand j’arrive avec le vent qui m’amène à la ligne d’arrivée GRRRRRR…

C’est pas grave, au moins il y a très peu d’écart en temps c’est déjà ça (enfin avec ces deux-là)!13559092_1404912826201953_5844314993038505668_o

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