Spotlight on la Solo Maître Coq 2017

Je ne pouvais pas commencer ce résumé sans remercier les personnes qui m’ont permises de m’aligner au départ de cette incroyable semaine :

– L’organisation tout d’abord, qui m’a accueillie à bras ouverts : Guillaume et Sophie, mes hôtes de la semaine ; Virginie, Muriel, José, Christophe qui m’ont aidé de toutes les façons possibles et imaginables (plongée, destickage et stickage de la coque, photos…), Laure pour les communiqués de la course, Bernard et Roselyne pour les photos, Joan pour les coups de mains sur la préparation, j’en oublie sans doute et je m’en excuse…

– Mes partenaires évidemment : le centre Porsche de Caen, le Normandy Elite Team, D-ICE-Engineering et Corben qui viennent tout juste de rejoindre l’aventure, Newton Experts comptables et Helly Hansen, et espérant vous compter nombreux à Bordeaux pour le départ de la Solitaire URGO Le Figaro à la fin du mois 😉

– Mes concurrents : 41, un nombre incroyable, des courses sous tension, un niveau de dingue !

Encore une semaine de course et j’aurais enfin pu montrer tout mon potentiel !

Lundi et mardi : parcours côtiers de 15 milles :

Comme chaque année, le plan d’eau sablais nous a offert des conditions variées et un vent très oscillant nous obligeant à rester extrêmement vigilants et réactifs. Dans l’ensemble, je réalise de bons départs et de bons débuts de course, la difficulté pour moi fut de retrouver de la précision dans les manœuvres, et de la finesse dans les réglages et les trajectoires.

Ensuite vient la gestion d’une flotte compacte et au taquet. Personne ne lâche rien, souvent les trajectoires montent au-dessus de la route rendant les arrivées aux bouées d’autant plus compliquées. Quelques problèmes électroniques sont venus pimenter mon jeu. Au final les résultats ont été décevants, mais ces courses haletantes n’ont fait que renforcer ma conviction que venir aux Sables avant la Solitaire était indispensable.

Jeudi 12h00 départ de la grande course :

Après une journée de repos et de préparation du bateau je pensais être prête. C’était sans compter un petit stress pré-départ ; pendant que tous mes camarades quittaient le ponton, je me suis rendue compte que je n’arrivais pas à avoir ma position sur la carto… Difficile de jouer dans les cailloux sans cette information. Après une bonne demi-heure le téléphone sur haut-parleur avec l’équipe de TEEM Lorient, un tournevis dans une main et les fils électroniques dans l’autre, nous avons réussi à remettre le système d’aplomb. Il a tout de même fallu faire quelques concessions : un écran en moins et plus de positionnement des adversaires sur la carto. Peu importe, j’avais l’essentiel et j’étais enfin prête à en découdre.

1- Le départ :

Sortie tard, j’ai tout de même pu prendre mes repères sur le plan d’eau, tester la ligne, mettre en place ma stratégie de départ. Encore un très bon départ me permettant d’enrouler la bouée de dégagement dans les dix premiers.

2- Sous spi vers le pont de l’île de ré :

Un envoi de spi laborieux ; cette fois-ci il fallait regarder derrière. Très rapidement, le vent de terre instable a poussé la flotte à se séparer en deux. Les premiers à la côté, le groupe suivant au large et la meute entre les deux. J’ai choisi la côte et grand bien m’en a pris. Malgré des débuts laborieux, je me suis remobilisée, et j’ai enfin récupérer la bascule attendue du bon côté. Je me suis appliquée sur les trajectoires quand le vent est rentré à 15-20 nœuds, j’ai préparé les bords suivants en changeant de voile d’avant j’ai enfin rentré de belles manœuvres.

3- de l’île de Ré à Belle île :

Sous le pont de l’île de Ré, sous solent, j’enroule juste derrière Gildas Mahé et je le tiens le temps de contourner le sud de l’île, validant mon choix de voile. S’en suivront des virements et des virements le long de la façade ouest de l’île afin de rester abriter du courant. Jouant au plus près des plages et du rivage, certains d’entre nous iront même jusqu’à toucher les cailloux avec plus ou moins d’aplomb.

Ces moments sont toujours ultra intenses et physiques : nous restons rarement plus de quelques minutes sur le même bord, les 40 bateaux croisent et décroisent dans la bande côtière et enchaînent les manœuvres. Il faut choisir le bon moment, anticiper les croisements, le bord suivant pour ne pas être gêné par les adversaires.

Le rythme a ralenti le temps d’aller virer la tourelle Chanchardon plus au large. Je réalise un super coup en me plaçant juste sous un nuage qui me permettait d’aller plus haut et plus vite que mes concurrents proches qui n’étaient pas dessous. Reste ensuite à parer le bout de l’île. Encore quelques grains, quelques frayeurs le long des cailloux et nous voilà quasi à l’arrêt côte à côte avec le phare des Baleineaux. J’en profite pour changer de nouveau de voile d’avant. Toute la flotte repart à peu près en même temps. C’est la fin de la première journée, la nuit tombe.

S’ensuit un long près. Je tente de suivre le vent en faisant en sorte de me rapprocher de la côte pour bénéficier des effets de site. Malheureusement, n’ayant pas les positions de mes adversaires, je me rends compte trop tard que je n’ai pas assez poussé le jeu à la côte. Certes j’ai rattrapé un paquet, mais certains ont réussi un bon coup et son partis à l’attaque du paquet de devant. La nuit file vitesse grand V. Pas possible de dormir, le vent est trop instable et nous continuons de nous croiser régulièrement.

4- Belle île :

L’approche est difficile. L’île perturbe le vent et c’est très difficile de savoir par où il sera rentable de l’aborder. Je lutte avec mon paquet, essayant de jouer les bascules et les risées. Au final ceux du large s’envolent un peu. Je ne baisse pas les bras. A hauteur de l’île, je joue les coups classiques des effets de côte et ça paye. Une fois la pointe sud est passée, nous sommes bons pour lancer de nouveau une belle série de virements à la côte pour nous abriter du courant. Passage un peu moins intense que la veille car la flotte est plus dispersée, mais dure car nous ne nous sommes pas reposés depuis 24 heures.

5- Enroulement du phare des Birvideaux et retour vers le sud :

Après avoir quitté la côté direction le phare des Birvideaux, il ne se passe plus grand-chose, les bords sont rectilignes et les bateaux se suivent. Nous contournons l’île par l’ouest, envoyons les spis et descendons droit dans la dorsale synonyme de belle foire et de très peu de vent. Malgré un super coucher de soleil, nous devons nous rendre à l’évidence. Le moment redouté est là.

Le vent ne souffle plus qu’à 5-6 nœuds puis 2 puis quasi plus rien. Stand-by.

Chacun reste hyper concentré, surveillant les angles de route, j’épie la moindre risée venant de derrière, j’essaye de jouer les quelques changements de direction, mais c’est dur de tenir. Les sensations sont presque inexistantes et nous n’avançons quasiment plus. Jusqu’au moment où porter le spi ne sert plus à rien. Je passe sous génois, je me laisse porter doucement par la houle légère en essayant de me maintenir proche de mes adversaires directs.

6- Passage de la dorsale, nouveau départ :

Après quelques temps, la girouette se calme, les voiles commencent à se stabiliser d’un côté, il semblerait que la pétole touche à sa fin. De manière extrêmement agaçante et presque inexplicable, les bateaux qui étaient très proches décollent plus tôt plus vite. Je me fais légèrement distancer par mon paquet. Enfin je redémarre un peu à vif et très fatiguée. Quand je pense que le vent est à peu près stabilisé, je m’accorde une sieste rapide car je manque de lucidité. Ca n’est pas forcément le meilleur moment, mais c’est indispensable.

7- Direction l’île d’Yeu puis les Sables :

Enfin ça réaccélère, rapidement je retends les réglages du mât, j’adapte l’ouverture des voiles et le moment est venu de faire le bilan. NF Habitat et Team Work se sont un peu envolés, restent à portée de tire Crédit Mutuel Espoirs. Il deviendra donc mon nouvel objectif. Nous passons au large de l’île d’Yeu sur de longs longs bords de près. J’en profite pour comparer ma vitesse et mon cap. Je sens que le bateau à un bon potentiel et cela me rassure pour la Solitaire. En approche des Sables, je me fais un petit plaisir, je profite des bascules de vent pour me rapprocher de la côte : l’idée : aller dans moins de 15-20 mètres de fond pour avoir moins de courant contre, se coller à la côte pour avoir un vent adonnant fort ; et ça paye, les bouffes rentrent avec 30 degrés de différence. Je passe CMB et je me rends compte que je suis devant Crédit Agricole Mer et Vent. L’arrivée n’est plus très loin il faut tenir.

8- Une dernière boucle avant la fin :

Au passage du phare des Barges, point d’entrée de la Baie des Sables, je commence à entendre les déclarations d’arrivée des premiers. Mais en même temps j’aperçois des spis au large. Histoire de pousser le jeu, il nous reste une bouée à aller chercher à Bourguenay. Un peu de rase cailloux, je suis extrêmement appliquée et concentrée afin de conserver mon avance sur mes deux poursuivants et ça marche au près. J’envoie le spi, le vent n’est plus très fort et le courant se renverse doucement.

Les 2 de derrière choisissent la côte quand je choisis le large. Le stress monte, mais le vent fini par rentrer du bon côté. J’enroule la dernière bouée. Il reste un bord. Pas si long mais psychologiquement difficile. Le vent molli de nouveau, la houle rend la tâche difficile sans parler des bateaux qui ne cessent de passer proches en nous faisant des vagues, stoppant net l’inertie du bateau qui devient lent et patot.

Je franchis la ligne enfin en 24 ème position, soulagée, contente de ma navigation et des leçons que j’en tire, je sens que je vais pouvoir attaquer la solitaire de manière plus sereine.

Le temps défile vitesse grand V mais ça n’est pas pour me déplaire, en ce moment j’aime l’action et l’inactivité me fait peur ! Reste à gérer le retour du bateau en Normandie pour quelques jours avant de se lancer de nouveau sur l’eau direction Bordeaux après trois semaines de travail au Havre.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s