Etape 2 : Gijon – Concarneau

Avant de partir sur l’eau, petit tour en coulisse pedant les jours OFF en Espagne.

Après avoir résolu non sans mal le problème de la quinzaine de voiles à amener à Santander pour réparation suite à une étape 1 plutôt musclée (merci Francis LE GOFF et Florian CORBEL pour les transferts!) ; il y a eu quelques autres dossiers plus ou moins rigolos à gérer.

Posés tranquillement en Espagne, tu te reposes, tu checkes la météo, tu te balades, tu checkes la météo, tu vas chez les kinés (massage et stretching) tu checkes la météo…

Et puis d’un seul coup, le départ approchant tu ne sais pas trop pourquoi tout s’accélère.

J-2 : Flo plonge pour caréner le bateau… Il remonte, me demande la gopro et replonge…plongee

Les images sont très parlantes, la strat autour du bulbe se fissure tout autour. Structurel pas structurel ? Des souvenirs d’une perte de bulbe dans le sud émergent… Prenons les choses dans l’ordre, nous demandons à plusieurs préparateurs expérimentés de regarder discrètement la vidéo. Les avis divergent, on se dit que s’il avait du tomber, il l’aurait fait pendant la première étape dans la baston. Je prends la décision de ne pas parler de ce problème ni aux jaugeurs, ni à la DC, ni au prorprio du bateau, mais demande tout de même une sortie d’eau à Port La Foret sous prétexte de réparer d’un petit coup d’enduit un pet sur le voile de quille qui date de Bordeaux. Histoire d’avoir l’avis du chantier PLYahcting à l’arrivée.

Bref, on passe à autre chose, il  y a toujours une navigation à préparer et celle-ci s’annonce compliquée en début de course avec peu de vent.

Jour J : anecdote 2 = j’avais demandé à mon préparateur de changer la bouteille de gaz. La veille du départ, je lui précise qu’il faudra faire cuire des pâtes car étant logé en hôtel, c’est un peu délicat. On se met d’accord pour le faire avant la mise en conformité du bateau (moment où plus rien ne peu ni monter ni descendre du bateau). J’arrive juste avant, ce n’est pas fait, la mise en conformité passe… je verse l’eau dans la casserole, tourne le bouton et… paf, pas de gaz. Je checke les vannes, rien… bon, je savais que ça fuyais un peu et prenais soin d’habitude de vérouiller tout le circuit. Un peu dépitée, je me dis que ça n’a pas été fait et que tant pis, je vais me restreindre en bouffe et que je n’aurais pas ma salade de pâtes. On passe à autre chose, la course. Départ du ponton.

Devant Gijon, c’est pas loin d’être la pétole, on se regroupe autour de la ligne, le vent est de plus en plus faible, un départ, annulation, on attend, on cuit, re-départ, cette fois c’est rappelle général, le comité relance dans la foulée et c’est parti pour de bon.

Niveau vent c’est pas la folie, mais nous arrivons à nous extraire de la baie tranquillement. Nous passons la bouée de dégagement plutôt groupés, et plus nous avançons plus le vent molli. Au début de cette portion sans vent et dans la longue houle, je sens bien que ça va pas très vite à bord de Porsche-Corben. Je m’inquiète mais pas trop, j’essaye des choses, je bosse, j’observe, je joue le placement alors que nous avançons à 2 noeuds…

Après pas mal de taf, je recolle Juju et Antho. Je tiens, cependant ça ne dure pas, le peu d’écart latéral que nous avons entre les bateaux joue énormément et ils finissent par décoller avant moi. On reste zen, on s’aide avec un petit coup de Bob Marley et on se remobilise. Et pour se rassurer il y a pire, plus nous montons vers le nord et plus les écarts avec les derniers se creusent. Voire se comptent en heure. Alors même si c’est pas ouf, je me dis que je suis dans le second ou troisième paquet et qu’il y a beaucoup à gagner sur cette étape.

Direction la chaussée de Sein. C’est à partir de là que les écarts commencent à se réduire. Les premiers butent contre le courant, les derniers reviennent avec la renverse.

Nous passons la bouée de nuit, c’est un peu le chantier, nous sommes bien fatigués. La direction de course nous attend pour un pointage. Ce sont les paquets de coureurs qui annoncent leur classement car c’est parfois serré et il faut remettre tout le monde dans l’ordre!

Je passe la bouée avec Vincent BIARNES et Cécile LAGUETTE. Nous envoyons les spis, ça sera serré, mais nous irons plus vite sur le début. Ca tient pas mal, le vent forci, pas d’ado, il faut affaler. On se remet sur la route direction Belle île.

Nous arrivons en fin de matinée à Belle île, le vent n’est pas très fort, nous butons de nouveau dans le courant et il faut réussir à s’abriter à la côte pour le courant, sans s’empêtrer dans les dévents et jouer avec les ados (côte à gauche vent à gauche) et les risées que l’île laisse parfois passer. A ce niveau-là mon atterrissage se passe plutôt bien. Je reviens sur Cécile qui m’avait bien semée pendant la nuit (avec l’aide de quelques algues). Je reste juste un peu bloquée à une pointe contre le courant et dans le dévent. C’est étrange mais ça fini par redémarrer.

Derrière moi, je surveille depuis longtemps un bateau noir doté d’une voile portant l’image du taureau. Jérémie BEYOU, encore. Cette fois pas question de se laisser passer aussi facilement qu’à l’arrivée de Gijon. Le long de l’île je tiens bon, ça joue à l’accordéon entre les pointes. J’essaye de garder mon sang froid malgré les coups de gueul de Jérémie contre lui-même ou son propre bateau 😉 Nous recollons tous les deux Cécile. Marquage ou pas, je me prends pas mal de dévent, je n’arrive pas à décaler. Les deux traversent ensemble vers Quiberon pour s’abriter du courant. Je retarde ma traversée surtout pour ne pas rester collée à eux, mais ce n’est pas un bon raisonnement.

Je reprends de l’écart.

Enfin le long de l’île, je ne lâche plus la côte. Mon poursuivant suivant s’appelle Yann ELIES. Je tricote, je tricote tellement proche des cailloux que je finis par ratisser des algues à un moment où je le décalais fort à la côte. Marche arrière, je me décale de la côte, Yann m’a doublé et a chopé un drôle de vent au nord avec Pierre QUIROGA.

retirage des alguesCette fois-ci je ne me pose plus de questions, une espèce d’orage est en formation, je tire vers le nord jusqu’à attraper ce vent très adonnant. Direction tout droit vers la Baie de Port-La-Forêt. Les spis fleurissent devant, j’attends d’être vraiment dans la risée qui peine à avancer avant d’envoyer. J’envoie petit spi en me disant que l’angle et serré et qu’avec l’orage ça va dégénérer. Trop d’anticipation. Le vent passe de 10 à 6 noeuds…

Je m’ennuie un peu alors pour m’occuper, je décide de peeler en mode équipage. Je visualise la manoeuvre pendant deux minutes et GO. Je démonte les poulies de spi de l’écoute tribord et réinstalle tout en double à bâbord, je colle la drisse extérieure sur le grand spi, je plante un second bras dans le tangon et c’est parti, je hisse le grand spi lainé à l’éxtérieur du petit, la laine pet, je cours devant pour ouvrir le mousqueton du petit, je le chope sous le vent et l’affale.

Mission réussie, je suis assez contente de moi, bon j’ai oublié de filmer mais c’était cool.

La nuit tombe, l’orage monte, je suis en avant du nuage, et ça oscille entre 26 noeuds adonnants et 19 noeuds refusants. C’est assez brutal, au moins aucun risque de s’endormir cette fois-ci. Dans ces conditions, j’essaye au maximum de grimper vers la côte pour sortir petit à petit du nuage et rester sur la route. Je contiens la flotte de derrière tout se passe bien. L’orage passe, collée à la côte il faut maintenant affronter le calme plat de la pétole sous spi. Je gère cela plutôt tranquillement, je rattrape Cécile, je la double. Il y a d’autres bateaux pas loin mais je sais pas trop qui c’est. Nous passons la tourelle du dragon à trois bateaux moi devant. Dans la baie je tombe le spi, et j’essaye de profiter de chaque risée pour me recaler devant mes adversaires. Quand il y a une risée, il faut réussir ensuite à exploiter au max l’erre du bateau. Eric PERON y arrive mieux que moi et me double. Derrière ça revient avec du vent mais j’arriverais à ne plus perdre de place jusqu’à la fin, OUF ! Un grand bravo à Adrien HARDY qui gagne cette manche.

Et tant pis pour les écarts de toute la flotte qui se sont réduits de manière incroyable sur cette course

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