#Horta suite & fin…

Difficile une fois arrivés de penser déjà au départ. Cet Archipel recèle énormément de secrets et pendant 4 jours sur place, nous avons pu observer, regarder, mais pas vraiment toucher ; de quoi nous laisser sur notre faim!

Heureusement, Brice et les autres préparateurs étaient là pour nous aider à tout remettre en ordre et en état de marche pour repartir.

Après dégustations, balades, farniente et visites guidées ont suivi l’avitaillement, le plein de carburant, l’embarquement des bagages et des souvenirs laissés délicatement sur nos ponts par Armando…

Un départ au travers à la sortie du port le temps de s’éloigner des dévents de l’île et rapidement les grands spis sont de sortie. Le bord démarre un peu serré pour arrondir l’île puis gentiment nous pouvons brasser les bulles pour attaquer un long bord VMG.

La nuit tombe et avec elle les premiers soucis arrivent. Pendant l’une de mes premières charges avec mon alternateur de nouveau bien réglé, une alarme se déclenche et tout l’électronique part en rideau… Moi qui avait réussi à bosser fort pour rester proche de Charlie, Corentin and cie je commence doucement à perdre mon sang froid, ras le bol de tous ces problèmes que je ne contrôle pas. Je ne suis pas la première, et suite à une conversation d’Antho quelques heures avant et quelques échanges avec Yoan notre « Saint-Bernard », je localise le problème. Le contrôleur de batterie a cramé.

Dit comme ça ça parait simple. Le problème c’est que nous sommes au portant, que nous sommes proches les uns des autres et que tout l’élec est en rade autrement dit je suis de nouveau sans pilote. Autant au travers il est facile de maintenir le cap avec des élastiques sur la barre, autant au portant c’est bien plus difficile. D’ailleurs, le temps de localiser le problème, le bateau aura enchaîné quelques figures de style sans jamais que le spi ne s’enroule autour de l’étai ! La suite du programme toujours en faisant des zigs zags et en perdant doucement le paquet de tête consiste à débrancher les instruments un à un afin de retrouver un minimum d’autonomie. Je vire donc un TL25 (écran sur le mât qui me donne 3 infos différentes sur le vent et autre) et le gyrographic qui me permettait aussi d’afficher des données et de contrôler le pilote. Ca semble fonctionner de nouveau je peux souffler. Je range les tournevis, le velocitech est de nouveau de sortie afin d’avoir un écran en plus. A la sieste.

Le lendemain nous longeons San Miguel, la dernière des îles et par conséquent la dernière côte que nous verrons avant la pointe bretonne. Quelques empannages plus tard et avec quelques noeuds de plus nous voici dans la grande bleue. Je négocie plutôt bien le dévent incroyable de l’île qui court quasiment jusqu’à 15 milles au large et je m’accroche tant bien que mal derrière ce paquet de tête pendant que Yoann, Corentin, Sébastien et Pierre lutterons dans le dévent et se laisseront malheureusement distancer. 25 noeuds bien tapés, ça glisse et ça continue de forcir. Je mets mon ris dans la GV avant d’empanner. Manoeuvre que je fais trop tardivement, je gybe mais je me retrouve sous la flotte. Non seulement le vent est très fort et la mer également mais en plus il ne faut pas que je glisse plus. Commence alors comme à l’aller un bord de bûcheron. Il nous faudra une fois de plus puiser dans nos limites physiques pour tenir le plus longtemps possible. De nuit la fatigue fini par prendre le dessus et je fais tomber la drisse avant de perdre totalement ma lucidité.

Commence alors un interminable bord de reeching… 3 jours… 3 jours en bâbord sur la tranche… 3 jours pendant lesquels dès que tu vas dehors c’est en sèche parce que tu te fais tremper dès la première minute… 3 jours pendant lesquels j’alterne « change » de voile d’avant (entre génois et solent) et prise de ris selon les longueurs des grains… 3 jours pendant lesquels le bateau ne cesse de taper…

Point positif, je retrouve mon acolyte Damien Cloarec à la VHF.

Côté course, Charlie s’est fait la malle, Sébastien et Yoann reviennent de façon incroyable par au-dessus, le géant vert a perdu un D2, Martin a cassé une barre de flèche, Arnaud nous a fait une figure incroyable et a déchiré une partie de sa grand voile…

De nouveau je passe la performance au second plan pour juste naviguer en bon marin et amener ma monture jusqu’au raz de Sein. Juste pour les derniers milles je me lâcherai en renvoyant un spi enfin pour les quelques 15 dernières minutes de course, soyons fous !

Bilan : 9 jours pour descendre, 6 pour remonter ; et pourtant avec la découverte d’un nouveau milieu, des alizées portugais et des îles, j’ai vraiment profité beaucoup plus de la descente. Elle avait aussi ce goût génial d’aventure, de première course en solitaire aussi longue.

Bref, vivement la saison prochaine ! Et merci à tous pour votre soutien, vos encouragements, les messages les petits gestes, votre présence aux moment importants 😉

 

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