Retour sur une première course de sangliers !

Pour une course en one shot, je pense qu’elle aura marqué les esprits. 3 jours avant le départ, les bulletins météo commençaient à être bien d’accord sur le passage de fronts plutôt velus.

Quelques signes avant-coureurs :

  • il faisait beaucoup trop beau juste avant
  • un directeur de course qui prend la température très régulièrement sur les pontons
  • un briefing coureur/direction de course non officiel pour réfléchir à plusieurs parcours potentiels
  • et les bulletins toutes les 6 heures qui ne permettaient pas de se faire trop d’illusion…

Peu importe en fait, à partir du moment où l’on sait qu’on va se faire tabasser, et bien il ne reste plus qu’une chose à faire : préparer avec soin la machine, la navigation et le skipper.

Il faut être focus et concentré.

Bon passons sur la préparation rudimentaire du bateau, au moins j’ai retrouvé mon fidèle compagnon de mer tel que je l’avais laissé. Pas de nouvelles mises au point pas au point donc pas de surprise.

Pour la partie navigation, nous avons eu le droit à un briefing de David LANIER, et j’ai eu le droit à ma correction de copie par Jean-Charles MONNET et Yann CHATEAU que je remercie vivement ! Quelques questions techniques à Alexis LOISON histoire d’éviter quelques faux pas et j’étais arée.

Pour la préparation du skipper, rien de bien fou question physique, par contre une bonne mise en condition mentale : de toute façon c’est la seule de la saison pour le moment, il faut tout donner et surtout rien lâcher. Et pour pas perdre de temps, c’est tenue de guerre directe : la sèche, les bottes, le gilet.

Vendredi 12h : beau temps-belle mer.

Le départ : au milieu, tranquille peinarde, plutôt lancée… Le problème c’est que mes navigations à Granville ne me sont revenues en mémoire que plus tard. Au milieu ça passe rarement et je n’ai pas réussie à me caler correctement par rapport à la flotte. Résultat : un passage peu glorieux en bonne dernière à la bouée de dégagement correspondant au plan 3 bis : « je pars derrière et je remonte »… Bah il y avait plus qu’à !

En route vers la marque Roche Gautier : grosses difficultés à garder une vitesse régulière, une belle algue que j’ai réussi à virer en faisant un empannage, rien de très glorieux.

C’est après cette bouée que vient le bord de la mort !

Un bon portant de nuit dans une mer formée et un vent forcissant, forcissant, forcissant. Cette fois-ci j’ai pris mes précautions, j’ai suivi les conseils des sages (Nico Lulu ;)) je n’ai installé le spi qu’après la bouée histoire de pas le repêcher à l’arrière avant même d’avoir pu l’envoyer. Grand spi, GV haute, je remplace au plus vite le génois par le solent à l’avant. Le vent passe les 25 noeuds, le rythme s’intensifie je colle un ris dans la GV. L’empannage approche. Au moment de commencer la manoeuvre le bras sort du tangon, j’affale avant que ça vire à la cata. J’empanne et j’envoie le petit spi dans la foulée. Grand bien m’en a pris, le vent passe les 30 noeuds, la mer forcit, je passe quelques bateaux qui ont des galères, la remontée commence et je maîtrise les surfs, c’est le gros kif!

La suite, ce sont les abandons successifs, du plantage de pieux, quelques difficultés à gérer les adaptations de réglages au près dans la mer et le vent mais ça passe quand même. Je remonte doucement mais surement. Près de Chausey je recolle le groupe de Damien CLOAREC, Tanguy LE TURQUAIS, Benjamin AUGEREAU et Arnaud GODARD-PHILPPE. Je lâche rien, j’ai toujours pas dormi, j’ai le dos en compote mais je lâche toujours pas. Sur la fin je cale quelques bons bords qui me permettent de recoller fort Arnaud et de passer Damien qui a du changer de voiles d’avant.

Nous sommes en approche de Saint-Quay Portrieux. Après cette bouée, c’est ligne droite vers le raz Blanchard et je ne sais pas trop où je vais aller puiser les forces pour tenir jusqu’à la nuit suivante. Sur l’eau c’est Bagdad, les grains noircissent et le vent repasse de nouveau au-dessus de 25 noeuds. A quelques milles la direction de course annonce que la prochaine bouée est la ligne d’arrivée. Le parcours est raccourci et c’est tant mieux.

Je passe la ligne rincée mais fière d’avoir tenu jusqu’au bout. Je finis 14ème/24, c’est pas très glorieux mais à part le départ je n’ai pas de regrets.

Un grand merci au centre Porsche de Caen et au Normandy Elite Team pour m’avoir permis de m’aligner au départ. Merci à tous les supporters du projet et aux deux photographes : Patrick DEROUALLE et Laurent TRAVERT. Voici un petit diaporama de leurs oeuvres :

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

 

La Solo Normandie 2017 à fond et sans pression !

Traditionnellement, la première course de la saison fait toujours office de premier test grandeur nature où l’on peut enfin valider les modifications apportées au bateau, les travaux effectués pendant l’hiver ; se rendre compte des apports des entraînements d’hiver… Et cela sera sans doute le cas pour les 23 autres concurrents de la Solo Normandie.

affiche 2017

Lire la suite